Se fixer un objectif, c’est faire une connerie.
Pourtant, avoir un but, c’est se donner une direction, permettre d’agir en pensant moins où l’on va. Il s’était mentalement fixé un objectif de trois notes par semaine.
Au bout de deux semaines, il doute sur ses capacités à tenir cette cadence (à croire qu’un blog est un peu comme un sport).
Le travail, la vie conjugale, la baisse du pouvoir d’achat, qu’importe ses excuses.
Il ne reste qu’en s’étant fixé un objectif, il prend le risque d’échouer. Pourquoi ce besoin de tout mesurer, de tout quantifier, de tout valider par rapport à une échelle imaginaire…
Se fixer un objectif, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
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Tomber amoureux, c’est faire une connerie.
Au début, il est dopé par les hormones, par cette drogue qu’on nomme amour. L’adage “L’amour est aveugle” a des fondements biologiques, il en est certain.
Puis, au bout d’un certain temps, le dopage disparait, il découvre les petites aspérités. D’habitude, c’est à ce moment là que le rêve s’effondre. Et que la conclusion s’impose petit à petit. Mais parfois, dans certains cas, les aspérités ne changent rien, tellement la drogue a formé un stade symbiotique.
Peut-être est-ce pire qu’un effrondrement du rêve ? Voir les problèmes, voir les détails qui ne collent pas, mais ne rien pouvoir (ou vouloir) y faire tant il est amoureux. Être à la fois conscient et anesthésié…
Tomber amoureux, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
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Penser, c’est faire une connerie.
Parfois, il aimerait ne pas penser autant. Les gens qui ne pensent pas (beaucoup) ont l’air heureux, non ? Parfois, il s’imagine en moins compliqué, réagissant à l’instinct, au coup par coup. Oubliant les problèmes dès qu’ils sont plus ou moins résolus.
S’il y avait des médicaments pour réduire le quotient intellectuel (ou l’activité cérébrale ou je-ne-sais-quoi) temporairement, il serait certain d’essayer ! Les anti-dépresseurs ? Il a déjà testé mais ne sait pas si le léger effet était physiologique ou psychologique.
Pourquoi fait-il l’amalgame entre pensée et dépression ? Il ne sait pas, cela semble tellement évident régulièrement. Mais comme le disait si justement un homme de l’Atlandide souffrant d’un déficit en sérotonine dans l’introduction de son blog :
Le Sushi n’est pas dépressif, le Sushi pense, et c’est là toute la différence.
Penser, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
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Ne pas réfréner ses hormones, c’est faire une connerie.
Il pourrait presque réciter le cours par cœur. Pourtant cela va faire plusieurs années qu’il n’a pas eu de classe de biologie. A moins que ses souvenirs proviennent d’un morceau d’émission vulgarisatrice vu à la télévision. Quoiqu’il en soit, le mécanisme se dissèque dans sa tête. Mais cela ne change rien au résultat. Un homme averti en vaut peut-être deux mais un homme averti ne fait pas pour autant un homme sage.
Un homme averti n’évite pas forcément les clichés. C’est le printemps. C’est les hormones. L’envie de disséminer ses gamètes à tout va comme une fleur de pissenlit. Mais ce faisceau d’indices ne parvient pas à troubler le cheminement biologique. Il ressent une attirance pour elle, alors qu’il ne devrait pas, culture monogame oblige.
Il se laisse aller à ces douces sensations qui irriguent son cerveau, dans l’intimité de sa boite crânienne. A l’extérieur, rien de visible. A l’intérieur, un léger trouble. Que doit-il penser de tout ça ? Il ne sait pas, il ne sait plus, il est perdu. Enfin perdu c’est vite dit (et dit surtout pour faire une référence musicale), il n’est pas perdu, il se pose juste des questions, des questions purement théoriques.
Ne pas réfréner ses hormones, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
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Se mettre au sport, c’est faire une connerie.
Il se dit cela quand il vient de faire une crise d’hypoglycémie après une heure d’efforts sur divers appareils de musculation. Crise qu’il finit tranquillement assis dans les douches, le cul trempé mais à l’abri des regards.
Il adore avoir une vision romanesque, enfin plutôt filmesque, de la vie. Et la scène se prête à merveille : un gringalet se met au sport alors qu’il ne pratique pas très souvent et/ou très intensément, il manque de tomber dans les pommes à la fin de la séance. Rires dans les salles obscures.
Pourquoi se mettre au sport ? Soyons honnête, sa survie ne dépend pas d’une augmentation de la masse musculaire, ni de sa capacité à soulever des lourdes charges. Pas de risque de surpoid avec un indice de masse corporelle dans la fourchette moyenne basse. Pour les raisons superficielles alors.
Un personnage de Glamorama a ces mots : “Les bras sont les nouveaux seins”. Cette phrase a une sonorité particulière à ses oreilles, car il complexe un peu (beaucoup) sur ses bras. Il comprend pleinement le sens de ce slogan. Il a quasiment toujours eu des bras moins gros que celui de ses petites amies. Malgré des capacités musculaires supérieures au vu des quelques comparaisons.
Comme pour de petits seins, on a beau se dire que l’amas de matière en plus n’apporte rien sur le plan physique, il n’en reste pas moins qu’il y a un effet indubitable. Il le sait, il a déjà gouté à ce poison. Il y a quelques années, au bout de quelques mois de pratique intensive, il avait vu, presque les larmes aux yeux, se dessiner des pectoraux sur son torse auparavant plat.
Alors il replonge, s’il arrive à se motiver pour ne pas abandonner au bout de quelques séances. Comme une drogue. Pour se sentir beau, pour se sentir cool, pour être aimé.
Se mettre au sport, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
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Ouvrir un blog, c’est faire une connerie.
Il le sait car il se cherche des raisons. Et c’est mauvais signe quand on se cherche des excuses avant une action.
Un point sur la forme. La narration à la troisième personne. Serait-il imbu de lui-même ? Non, simplement la volonté de ne pas créer un énième personnage dont il se sentira différent au bout d’un moment. Peut-être aussi que ce type de narration lui impose un certain recul bénéfique. Ou une dissociation propice à éviter trop de révisionnisme.
Un point sur le fond. La narration écrite de faits et de pensées comme tentative de béquille psychologique. Pour le lecteur, une palette de résultats allant du très léger intérêt littéraire au désintérêt le plus total, en passant éventuellement par une pointe de voyeurisme affectif. Pour lui, au mieux un effet thérapeutique sur ses humeurs, au pire une amplification de ses périodes de déprime.
Ouvrir un blog, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
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