Se mettre au sport, c’est faire une connerie.
Il se dit cela quand il vient de faire une crise d’hypoglycémie après une heure d’efforts sur divers appareils de musculation. Crise qu’il finit tranquillement assis dans les douches, le cul trempé mais à l’abri des regards.
Il adore avoir une vision romanesque, enfin plutôt filmesque, de la vie. Et la scène se prête à merveille : un gringalet se met au sport alors qu’il ne pratique pas très souvent et/ou très intensément, il manque de tomber dans les pommes à la fin de la séance. Rires dans les salles obscures.
Pourquoi se mettre au sport ? Soyons honnête, sa survie ne dépend pas d’une augmentation de la masse musculaire, ni de sa capacité à soulever des lourdes charges. Pas de risque de surpoid avec un indice de masse corporelle dans la fourchette moyenne basse. Pour les raisons superficielles alors.
Un personnage de Glamorama a ces mots : “Les bras sont les nouveaux seins”. Cette phrase a une sonorité particulière à ses oreilles, car il complexe un peu (beaucoup) sur ses bras. Il comprend pleinement le sens de ce slogan. Il a quasiment toujours eu des bras moins gros que celui de ses petites amies. Malgré des capacités musculaires supérieures au vu des quelques comparaisons.
Comme pour de petits seins, on a beau se dire que l’amas de matière en plus n’apporte rien sur le plan physique, il n’en reste pas moins qu’il y a un effet indubitable. Il le sait, il a déjà gouté à ce poison. Il y a quelques années, au bout de quelques mois de pratique intensive, il avait vu, presque les larmes aux yeux, se dessiner des pectoraux sur son torse auparavant plat.
Alors il replonge, s’il arrive à se motiver pour ne pas abandonner au bout de quelques séances. Comme une drogue. Pour se sentir beau, pour se sentir cool, pour être aimé.
Se mettre au sport, c’est faire une connerie. Mais il a un détestable penchant pour faire des conneries.
[...] Au bout de deux semaines, il doute sur ses capacités à tenir cette cadence (à croire qu’un blog est un peu comme un sport). [...]